Le chant des étincelles

Le chant des étincelles

Tout commence dans la petite patrie intérieure

Quelles élites voulons-nous promouvoir?

Extrait de mes carnets de voyage tenus aux Philippines d'avril à juillet 2011.

Toute communauté humaine a ses hommes d’élites qui l’accompagnent dans son cheminement terrestre. Les élites reçoivent la mission particulière de protéger et d’ouvrir la culture à des horizons nouveaux. A défaut d’accomplir leur devoir d’Etat, elles sont remarquables à leurs marqueurs indélébiles : niveau de vie élevé, hautes responsabilités dans les entreprises et l’administration.

Dans le pays des 7000 îles, il y a aussi des élites. Faciles à repérer elles parlent anglais exclusivement, bannissant le tagalog, le cebuano ou le vissaya de leur vocabulaire; elles ne rêvent pas de culture traditionnelle ou populaire mais se réjouissent d’avoir échappé au sort des « cuya » et des « ate » qui ne comprendront jamais leur nouveau standing de vie.

Bien sûr, ce n’est pas ce genre d’élites qu’Enfants du Mékong appelle de ses voeux pour la vitalité des Philippines. Les filleuls parrainés qui monteront plus haut sur la colline ne deviendront pas des hommes et des femmes déconnectés de leurs racines. Tout en parlant un anglais impeccable ils sauront rêver et penser en tagalog et en vissaya.

Une langue renferme avec elle le secret et la vocation d’un peuple. L’anglais pour la prose du quotidien, le cebuano pour le vers du matin!

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