Le chant des étincelles

Le chant des étincelles

Tout commence dans la petite patrie intérieure

Engagement politique : les masques tombent, le "saint-chrême" réapparaît

saintchreme.gifYves Calvi s'est emparé d'un sujet brûlant ce matin au micro d'RTL : "les personnels de santé sont désormais devenus des cibles dans nos cités sensibles" selon son invité le Dr Jocelyne Buruchian. Pris à partie par des mineurs sans foi ni loi les soignants sont malmenés dans les nouvelles zones de non-droits dont les noms de baptême se disséminent comme une traînée de poudre : "déserts médicaux ou paramédicaux."


Mais pour la kinésithérapeute de banlieue pas question d'abandonner son poste : "nos patients sont beaucoup trop attachants. Si nous restons c'est pour eux. Si nous nous battons c'est pour eux". Et d'ajouter avec panache et volonté qu'elle et ses collègues n'hésiteront pas à monter au créneau pour maintenir la présence d'un corps médical et paramédical dans ces lieux devenus également des oasis de charité.


Quel exemple de fraternité et de don de soi. Cette femme est attachante et émouvante. La question qu'un petit homme comme moi se pose avec gravité est simple : comment protéger cette femme et inscrire avec efficacité ses aspirations dans le roc du réel ? Allons-nous laisser s'essouffler sans compassion ces faiseurs d'humanité ? Homme de la société, qu'as-tu fait de ta vocation à la grandeur et au sacrifice ?


Au micro des Grandes Gueules sur RMC, Gilbert Collard fustigeait avec justesse ces hommes politiques qui ont pour souci non plus leurs idées et leurs promotions mais la mise en scène de leurs personnalités pour se faire élire. Une impression populaire de plus en plus partagée que l'homme de radio mettait en lien avec le sondage Harris Interactive de dimanche dernier qui affirmait que 58% des français veulent une révolte.


Le français doit subir les rodomontades de l'outsider DSK qui a inventé une nouvelle manière de faire de la "politique" : mettre en scène sa femme Anne-Sainclair pour faire campagne à sa place. L'homme de la rue se pique, effondré, devant l'attitude électoraliste du Sarko-show qui déclenche dans la précipitation un débat sur l'Islam pour combattre la montée constante de Marine plutôt que de s'attaquer aux maux qui rongent notre pays.


Quel honneur pour la politique ?

M. Collard ne s'y trompe pas en exprimant le cri du coeur aux auditeurs d'RMC : "Il faut retrouver des hommes et des femmes capables de se sacrifier pour leurs idées." Enfin un contenu qui vibre ! L'auditeur se régale. La Toile et le continent Internet se parent petit à petit de cette conviction qui se répand comme une traînée de poudre.


Le décrochage du peuple s'accélère. Ras-le-bol du spectacle et des beaux discours sans lendemain. De la France au Gabon, face à la dégradation des conditions sociales et économiques entraînées par la loi du tout-marché, les enfants d'Internet plébiscitent la transparence et la loi du coeur. Ils ne veulent plus des acteurs mais des représentants légitimes pour gouverner leurs destins. Le grand Dostoïevski affirmait que "la politique c'est l'amour de la patrie et rien d'autre." Sa vision revient en force par la fenêtre de l'Histoire.


Il devient de plus en plus difficile de cacher ses bassesses politiciennes. Sur le net, les peuples lisent désormais à livre ouvert dans les tripes et les coeurs. Les élites au pouvoir n'ont semble-t-il pas encore pris toute la mesure de l'onde sismique produite par l'essor de la modernité.


L'heure est à la nouvelle naissance de la grandeur de l'engagement politique. Autrefois, nos rois étaient marqués frontalement par l'huile et le parfum de l'esprit de dieu, le Saint-Chrême. Sans nostalgie aucune pour cette époque qui avait ses travers évidents, ce signe visible dont se paraît le chef d'une patrie pour manifester la dimension surnaturelle de sa mission me semble aujourd'hui devoir refaire surface.


L'engagement pour la Cité ne doit pas seulement relever d'un talent évident mais aussi d'un appel que l'on ressent et reçoit au plus profond de son être. Cela peut être l'amour d'une histoire, de paysages et de personnes. Cela peut être une indignation forte et stimulante qui anime un désir de sacrifice pour servir l'intérêt supérieur de la nation.


Les évènements s'accélèrent, le temps plonge soudainement dans le présent qui rassemble toutes les histoires et les cultures. Eureka ! la sainte ampoule va peut être réapparaître. C'est sans doute l'un des missions de la colombe du XXIème siècle.


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